LE DÉVELOPPEMENT DES INSTITUTIONS

Entre 1953 et 1958, les efforts d’enseignements de la part des pionniers et des “Semeurs spirituels” produisirent des résultats encourageant. M. Albert Kilosho, un marchant de poisson, est considéré comme le premier Congolais à amener la Foi de Usumbura (aujourd’hui Bujumbura), au Burundi, au Sud-Kivu en RDC.

Les 16 premiers croyants avaient accepté de se joindre à lui pour former une équipe d’enseignement et voyager tous les weekends au Sud-Kivu pour enseigner la Foi, spécialement dans les villages de Kaboke Nundu, Luberezi et Songe. Ces efforts ont permis d’avoir entre autres comme résultats la déclaration des premiers bahá’ís sur le sol congolais, notamment  MM. Salatiel Shabani Silulimbo, Asumani Bilimbo, Rashidi Miambo ainsi Mme Ada Bawily, femme musulmane de M. Michel Mapisho, première femme à avoir embrassé la Foi Bahá’íe en RDC.

C’est à cette même époque que fut formée la première Assemblée spirituelle locale Bahá’íe en RDC, institution gérant les affaires de la communauté bahá’íe au niveau local, dans le territoire de Kaboke-Nundu.

Sur le plan administratif, de 1953 à1956, le Congo Belge était sous la juridiction de l’Assemblée spirituelle nationale des Bahá’ís des Îles Britanniques dont le siège était à Londres.

En 1954, au cours de la seconde phase de la Croisade de de dix ans (1953 – 1963), le Gardien appela à la formation de 3 Assemblées spirituelles nationales régionales en Afrique qui furent formées à Ridvan 1956. de 1956 à 1963, le Congo Belge était sous la juridiction de l’Assemblée spirituelle nationale régionale de l’Afrique centrale et de l’est dont le siège était à Kampala. 

En 1963, la RDC passa sous la juridiction de l’Assemblée spirituelle national d’Ouganda et d’Afrique centrale. Celle-ci fut dissoute en 1970, année où la première Assemblée spirituelle nationale du Congo-Kinshasa fut formée. La convention nationale destinée à élire les membres de cette Institution Bahá’íe au niveau national fut tenue à Lubumbashi, au domicile de la famille Laperches en présence de  M. Abu’l-Qásim Faizí, Main de la cause de Dieu. Seule une poignée des délégués y avait pris part étant donnée la difficulté des conditions de voyage et le fait que la Foi n’était pas encore officiellement reconnue par le gouvernement. 

Ene 1971, l’Institution nationale fut renommée Assemblée spirituelle nationale des Bahá’ís du Zaïre et, une année plus tard, la Foi Bahá’íe fut officiellement reconnue à travers l”Ordonnance Présidentiel N° 72/248 DU 09 Juin 1972, malgré les restrictions sévères aux auxquelles la liberté de religion était soumise à l’Époque.

Les membres de l'Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís de la RDC pour l'année 177 E.B. (2020 - 2021)

À travers crises et victoires, les différents protagonistes ont oeuvré sans relâche pour propager et consolider la Foi à travers le pays. Aujourd’hui, le nombre des croyant est passé d’une poignée en 1953 à une bonne centaine des milliers  qui accompagnent plus de 300 000 individus sur le sentier de la recherche pour rendre un meilleur service à l’humanité et contribuer à l’amélioration du monde. De la seule Assemblée spirituelle locale de Kaboke-Nundu, on en compte aujourd’hui 700 dans toutes les régions du pays. 

Le Centre national bahá’í

Le besoin de promouvoir avec efficacité les activités d’enseignement de la Foi à travers son expansion et sa consolidation parmi les populations hautement réceptives de l’intérieur du pays a conduit la Maison universelle de justice a proposer, en 1981, la nomination de 3 comités  administratifs régionaux (Nord-est du Zaïre, Ouest et Centre-sud) qui couvraient toutes les provinces du pays. Ces comités ont été mués dès 1990 en Conseils Régionaux Bahá’ís, organes secondaires de l’Assemblée spirituelle nationale chargés de superviser les activités d’enseignement au niveau des provinces. 

Aujourd’hui on compte 10 Conseils régionaux bahá’ís à travers le pays: Bandundu, Ouest (Kinshasa et Kongo-Central), Équateur, Kasaï Occidental, Kasaï Oriental, Katanga, Lualaba, Nord-Kivu, Province Orientale et Lubutu et Sud-Kivu.

Les Conseils régionaux bahá’ís sont accompagnés par des agences de développement qui visent à renforcer les capacités des individus à travers des formations qui permettent aux participants d’explorer des concepts qui accroissent leur connaissance scientifique, leur offrent une opportunité d’aiguiser leurs compétence à travers des actes de service pour ainsi acquérir une compréhension spirituelle du rôle de chaque être humaine au cours de sa vie terrestre. Ces agences sont appelés Instituts de Formation Bahá’íe. À travers ce processus éducatif basé sur les enseignements Baha’is et ouvert à tous, les Instituts de Formation  visent à favoriser la transformation de l’individu, à travers le développement de nos qualités intrinsèques afin d’améliorer notre propre vie et celle de ceux qui nous entourent.

Actuellement on compte 7 instituts de formation à travers le pays:

  • Institut Blackwell, au Kasaï Occidental;
  • Institut Dhabih, dans la Province Orientale;
  • Institut Enoch Olinga, au Nord-Kivu;
  • Institut Isfandiyar, à l’Ouest;
  • Institut Ola, au Sud-Kivu;
  • Institut Sadru’s Sudur, au Kasaï Oriental.

Des dizaines de milliers de personnes à travers tout le territoire national ont suivi la séquence des cours de l’institut de formation et témoignent d’une nette amélioration de leur manière d’appréhender diverses situation dans la mise en oeuvre d’une démarche organique qui se base sur un cycle toujours perfectible : étude – planification – action – réflexion.