KINSHASA, 14 mars 2026 — Dans un nouvel épisode de sa série de dialogues stratégiques, le Bureau des Affaires extérieures de la communauté bahá’íe de la République démocratique du Congo (BAFEX) a exploré comment l’égalité entre les femmes et les hommes, comprise comme une vérité spirituelle, peut devenir le socle de la stabilité des familles et du progrès de la nation.

« Ce que nous cherchons à découvrir, c’est comment le principe d’égalité, lorsqu’il est saisi comme une exigence spirituelle de justice, peut transformer durablement les relations au sein du foyer et, par extension, l’ensemble de la société », explique Christian K. Lupemba, directeur du BAFEX en RDC.
L’harmonie entre les sexes, et la manière dont les dimensions spirituelle, juridique et sociale de l’égalité peuvent se renforcer mutuellement, étaient au cœur de cette table ronde de haut niveau tenue à Kinshasa. La rencontre a réuni des représentants d’ONG de défense des droits des femmes, des responsables religieux, des organisations confessionnelles de jeunes et de femmes, ainsi que des acteurs de la société civile.
L’égalité, une exigence spirituelle de justice
Plusieurs intervenants ont souligné que l’égalité ne doit plus être perçue comme une simple revendication politique ou une concession sociale, mais comme un attribut fondamental de la dignité humaine.
M. Lupemba a rappelé que l’oppression des femmes a longtemps privé l’humanité de ressources essentielles. Dans son allocution, il a repris une image centrale des écrits bahá’ís : l’humanité est comme un oiseau doté de deux ailes, l’une masculine, l’autre féminine. « Tant que ces deux ailes ne seront pas également fortes, l’oiseau ne pourra pas s’envoler vers les sommets de la prospérité et de la paix. »
Vécue comme un principe spirituel, l’égalité change aussi la manière dont chacun se perçoit. « Une société qui accueille l’égalité devient plus juste, plus humaine et plus capable de progrès », a-t-il affirmé, en soulignant que ce changement commence par une remise en question de nos certitudes les plus ancrées.

« Tant que les femmes seront empêchées d’exercer leurs plus hautes capacités, les hommes resteront incapables d’atteindre à la haute condition qui pourrait être la leur. » — ‘Abdu’l-Bahá
La famille, laboratoire d’une nouvelle culture
Un thème est revenu tout au long des échanges : la stabilité de la nation dépend de la qualité des relations au sein de la famille. Les participants ont décrit comment le foyer peut passer d’un modèle de domination à un modèle de partenariat et de consultation.

Nathalie Yoka, juriste et experte en genre, a mis en lumière le lien entre le respect des droits des femmes et la réduction des violences domestiques. La révérende Thérèse Bimpa, pasteure et coordonnatrice du réseau des femmes de foi du Conseil national des religions pour la paix (CNRP), a expliqué comment les ressources spirituelles des communautés de foi peuvent être mobilisées pour promouvoir la coresponsabilité au sein du foyer.
Pour ces intervenantes, la transformation ne résulte pas seulement des réformes législatives, mais aussi d’une pratique quotidienne de la consultation entre époux. Le foyer cesse alors d’être un lieu de rivalité pour devenir un espace de soutien mutuel, où chacun est encouragé à développer ses capacités.
Au-delà des lois : le défi de la pratique

Le fossé entre les intentions et les actes reste un défi majeur, a relevé M. Célestin Amagito, président national de la jeunesse de l’Église orthodoxe et secrétaire exécutif de l’Union des jeunes des confessions religieuses de la RDC (UJECO). Catherine Odimba, représentante adjointe d’ONU Femmes en RDC, a pour sa part insisté sur la nécessité de démontrer l’impact réel des approches communautaires sur l’équilibre des familles.

Les échanges ont montré que le changement des mentalités compte autant que l’évolution du cadre juridique. Les participants se sont penchés sur des initiatives pilotes fondées sur le partenariat entre hommes et femmes, qui aident à déconstruire des préjugés culturels tenaces, notamment dans le quartier Ngomba Kinkusa, à Kinshasa.
La dimension artistique a également enrichi la réflexion. Des œuvres comme « Naza Mwasi » et « L’unité divine » ont été présentées comme des outils de sensibilisation, rappelant le rôle de premier plan de la culture et des médias dans l’éducation des générations futures à la noblesse de chaque être humain.

Ce dialogue s’inscrit dans une série d’initiatives menées par la communauté bahá’íe pour contribuer à la réflexion collective sur les principes nécessaires à l’édification d’une société pacifique et prospère.



